plus fort plus fort plus fort
lundi mardi mercredi jeudi janvier
BOGUE
trop je veux trop je veux trop je veux trop je veux trop je veux trop je veux trop je veux trop je veux quoi je veux quoi je veux quoi je veux quoi je veux quoi je veux quoi je veux cri je veux cri je veux cri je veux cri le cri le cri le cri le cri crier crier crier crier crier riez riez riez riez !
BOGUE
i'm a stranger je suis étranger no one can comfort me anymore personne ne peut plus me rassurer il feel like a ghost in this town je me sens comme un fantôme dans cette ville alone and untouchable amongst the others seul et intouchable parmi les autres i like not noticing them j'aime ne pas faire attention à eux no longer hoping they'll speak to me ne plus espérer qu'ils vont venir me parler walking indifferently in between marcher indifférent au milieu stopping in front of a departement store and watching them m'arrêter devant un grand magasin et les regarder i like being alone like that j'aime être seul comme ça de mon côté arriving in front of my home and believing this time is the one arriver devant chez moi et croire que cette fois-ci c'est la bonne i'm going to home je vais rentrer and not stop
OTHERS THINGS LIKE THAT d'autres choses comme ça IN A CAR en voiture WITH SOMEONE I VAGUELY KNOW avec une connaissance lointaine IN CONVERSATION je discute IT'S A PLEASANT MOMENT c'est un moment agréable BUT THEN I'M OVERCOME BY VIOLENT IMAGES pourtant d'un coup je suis envahi par des images violentes I SEE MYSELF GIVING A HUGE PUNCH TO THE PERSON I'M WITH je me vois donner un grand coup de poing à celui avec qui je suis GRABBING THEIR HEAD AND BEATING IT WITH ALL MY STRENGTH AGAINST THE GLASS saisir sa tête et la frapper de toutes mes forces contre la vitre I SEE THEIR BLEEDING HEAD IN MY HANDS je vois son visage en sang entre mes mains WHILE THE CAR SPINS INTO A DITCH tandis que la voiture part dans le fossé AFTER WHICH I FIND MYSELF IN THE MIDDLE OF A SENTENCE CONTINUING après quoi je me surprends au milieu d'une phrase en train de continuer la conversation comme si de rien n'était
BOGUE
ce serait trop long à expliquer tu sens les chiffres et ça sent mauvais l'époque et ça sent mauvais tes rêves et ça sent mauvais tu dis tant qu'il y aura des chiffres tant qu'il y aura des coups tant qu'il y aura des hommes ça sentira mauvais et arrivé là tu crois comprendre comme avant déjà t'avais cru comprendre
pourquoi vous êtes amoureux de l'ennui et du remord de ne pas être libres et retombez toujours dans les mêmes travers ? ce serait trop long à expliquer
voilà un exemple concret : à travers le filtre des mobiles vous avez du mal à reconnaître ceux qui vous sont proches dans les coupures de réception vous les perdez et vous leur parlez encore alors qu'ils raccrochent vous vous réveillez avec une question que faire des années qui restent ? ce que tout le monde fait déjà ? personne ne fait aussi bien que moi personne ne peut rien contre ni pour moi et arrivé là vous devez attendre comme avant déjà vous aviez du attendre
ce serait trop long à expliquer
pourquoi maintenant il va essayer de défaire le nœud de stress d'angoisse et de peur imaginer qu'il est chez lui et qu'il sort toutes les photos qu'il a de lui pour les déchirer il imagine qu'il retourne tous les miroirs parce qu'il ne veut plus se voir il n'a plus besoin de se voir mais pourquoi il veut juste laisser couler ? ce serait trop long à expliquer
quelqu'un entre dis quelque chose ! le robot est l'aboutissement du cerveau occidental suivant dis quelque chose ! le crime global est le but inavoué de l'humanité suivant dis quelque chose ! le silence est mort et on a compromis le bruit chocs invisibles amours salis luttes mesquines désirs masqués encore une corde usée sur laquelle tirer
il se redresse et dit : ce que vous faites n'est pas la solution ce que vous faites est une autre manifestation du problème et parce que t'y penses en ces termes de problème et de solution tu restes prisonnier ce que vous appelez votre dignité c'est un espace forcé où la conscience que vous avez de ce que vous êtes rachète ce que vous faites mais pourquoi on a besoin de parler comme des étrangers ? ce serait trop long à expliquer
ce serait trop long à expliquer
BOGUE
midi soir nuit matin midi soir nuit matin as de pique midi soir nuit mains deux de pique verre mur faire le mur trois de pique dans la tête voiture faire l'amour dans la poche nuit dans le cul onze de pique matin midi soir nuit faire mal une mouche dans ton cul dis-le dans son cul entrez une pluie de mur j'arrive dis-le ! dans notre cul matin si je veux dis-le !! midi dans votre cul c'est moi qui veux plus fort dans leur cul si ils veulent ils diront que c'est toi qui veux DIS-LE ! soir DIS-LE !! nuit
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un type en haut d'un pylône il saute il s'accroche à la première ligne il saute il s'accroche à la deuxième il saute il s'accroche à la troisième il fait ça jusqu'à ce qu'il soit devenu une boule de feu et quand il est devenu une boule de feu on le met dans une boîte avec écrit dessus « boule de feu »
celui qui est cassé étranger à lui-même et à tout à l'intérieur d'une vitre qui entoure du vide personne ne peut plus le comprendre vraiment parce que pour lui la fiction a commencé en même temps que la réalité parce qu'elles l'ont aimé chacune et détesté qu'elles l'ont tiré chacune de leur côté parce qu'elles l'ont écartelé
il est le fossé jamais comblé
BOGUE
je cherche encore à expliquer ce qui s'est passé entre moi et le reste de la réalité dans le métro je veux crier et dans la rue aussi je ne fais pas de bruit je marche des heures sans que personne ne crie je quitte des gens avec d'un coup l'impression de m'être complètement leurré par habitude par ce que j'attribuais en échange de ma compagnie et plusieurs fois j'ai cette impression avec moi je deviens ce qui m'a fait ce que la société a décidé pour me définir et m'abolir je suis ce moment où elle m'a choisi pour visage pour s'admirer encore dans la monstruosité d'un autre je suis une erreur qui attend son heure pour se répéter plus loin
je cherche mon pouls dans la file d'attente du bureau de tabac je cherche mon pouls devant les cadrans des administrations je cherche mon pouls
je fais mon geste encore et encore des milliers de fois je fais mon geste encore et encore des milliers de fois je suis un geste qui se répète des milliers de fois et je suis l'accoutumance à ce geste et je suis l'œil qui voit je suis aussi le geste qui précède et…
encore une chose l'impression que chaque journée est une succession de présents mécaniques que chaque contexte implique une attitude mécanique que mes sentiments forment le mécanisme réactif de leurs éclats mis bout à bout qui parviennent toujours à me faire oublier de reprendre ma vie là où elle ne s'est pas arrêtée de me remettre en cause de redevenir la source de ce qui arrive de redevenir une cause ma cause
je fais mon geste encore et encore des milliers de fois je suis un geste qui se répète des milliers de fois et je suis l'accoutumance à ce geste et je suis l'œil qui voit je suis aussi le geste qui précède et celui qui suit je suis le geste qui gît encore et encore des milliers de fois je fais mon geste et l'impression qu'une voix hante cette masturbation quotidienne encore et encore des milliers de fois je suis un geste qui se répète des milliers de fois et je suis l'accoutumance à ce geste et je suis l'œil qui voit je suis aussi le geste qui précède et celui qui suit je suis le geste qui gît encore et encore des milliers de fois je fais mon geste encore et encore des milliers de fois
BOGUE
je fais mon geste encore et encore des milliers de fois je suis un geste qui se répète des milliers de fois et je suis l'accoutumance à ce geste et je suis l'œil qui voit je suis aussi le geste qui précède et celui qui suit je suis le geste qui gît encore et encore des milliers de fois et je suis drogué à mon geste et je suis la drogue qui vit je suis aussi ce qui meurt longtemps et ce qui meurt depuis je suis la mort qui agit je suis la vie je fais mon geste encore et encore des milliers de fois je suis un geste qui se répète des milliers de fois et je suis l'accoutumance à ce geste et je suis l'œil qui voit je suis aussi le geste qui précède et celui qui suit je suis le geste qui gît encore et encore des milliers de fois et je suis drogué à mon geste et je suis la drogue qui vit je suis aussi ce qui meurt longtemps et ce qui meurt depuis je suis la mort qui agit je suis la vie
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