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Avec de vrais morceaux de 2.0 !

Programme (Diabologum, Arnaud Michniak)

Diabologum

Intro

Diabologum était un groupe toulousain de rock français fondé au début des années 90 par Arnaud Michniak et Michel Cloup. Considéré comme le groupe fondateur de toute une tranche du rock français avec l'album #3 en 1996, créant un mélange inattendu de slam et de rock agressif, alors que les précédents opus touchaient au noise et à la pop, avec notamment une collaboration avec Dominique A.

Les albums sont très rares à trouver et les EP/singles se trouvent à des centaines d'euros en collection...

- Diabologum sur Wikipédia
- Infos et chroniques sur XSilence.net
- Discographie tirée de membres.lycos.fr/porl/discodiab.html (site mort depuis hélas)

Des inédits à télécharger sur ce blog, et encore d'autres ici.

Discographie

C'était un lundi après-midi semblable aux autres

Album, 1993, Vinyle LP, CD et K7, Lithium records

1. Comme un infriste
2. Le discours de la méthode
3. Kill sub pop stars
4. Logo
5. Too much sleep
6. Le courage des oiseaux
7. Point d'impact
8. Chanson bateau
9. Sticky hair-pin
10. One million kisses
11. Fotogena
12. Je ne reviendrai jamais

Notes : "Le discours de la méthode" est chanté avec Dominique A. sous le pseudonyme de John Love. "Le courage des oiseaux" est une reprise du même Dominique A. "Too much sleep" est une reprise de Bongwater. "One millions kisses" est une reprise de Half Japanese. "Sticky hair pin" est un instrumental joué sur le fond de la scène de l'accident dans Sailor et Lula de David Lynch.

Les garçons ont toujours raison

Maxi, 1994, CD et Vinyle 12", Lithium records

1. Les garçons ont toujours raison
2. Tannis root
3. Aussi belle qu'une balle
4. Dogs

Notes : "Aussi belle qu'une balle" est une reprise de Taxi girl.

Le goût du jour

Album, 1994, Vinyle LP, CD et K7, Lithium records

1. L'art est dans la rue
2. Une histoire de Flesh
3. Le jeudi tout est dit
4. Heaven boulevard
5. Mieux vaut se taire
6. La facilité
7. Palladium rock
8. The ballad of boy wonder
9. Les garçons ont toujours raison
10. L'usage des mots
11. Ding a dong (down down)
12. Fusées
13. Pea

Notes : "Pea" est une reprise de Codeine. "Mieux vaut se taire" contient une partie des paroles d'un tube de Roch Voisine (!).

L'art est dans la rue

Maxi, 1994, CD et Vinyle 12", Lithium records

1. L'art est dans la rue
2. A flash in my heart
3. De tels actes de renoncements
4. Adieu Paris

A découvrir absolument

Maxi, 1996, CD, Lithium records

1. A découvrir absolument
2. C'est presque trop beau
3. Flood
4. A découvrir absolument (remix version)

Notes : 'Flood' est une reprise de Sebadoh.

#3 (Ce n'est pas perdu pour tout le monde)

Album, 1996, CD et double vinyle, Lithium records

1. De la neige en été
2. Il faut
3. Les angles
4. Une histoire de séduction
5. A découvrir absolument
6. 365 jours ouvrables
7. Dernier étage
8. La maman et la putain
9. Un instant précis
10. Blank génération
11. Tie-break pour bandini
12. ||-----||

Notes : Les deux derniers morceaux ne figurent que sur les versions digipack et les vinyls. Les trois versions digipack sont limitées à 1000 exemplaires chacune. La version vinyle est limitée à 500 exemplaires. La pochette du vinyle est la pochette "classique" : Ce n'est pas perdu pour tout le monde. Digipack 1 : "J'ai perdu sa trace ". Digipack 2 : "C'est bien connu". Digipack 3 : "J'attends son coup de fil". "Blank Generation" est une reprise ( très personnelle ) de Richard Hell. "La maman et la putain" contient un dialogue tiré du film de Jean Eustache, du même nom.

365 jours ouvrables

Maxi, 1997, CD, Lithium records

1. 365 jours ouvrables
2. (Version)
3. Quelque chose pour hier soir
4. Do you wanna have a party?

La ultima historia de seduccion (avec Manta Ray)

Split EP, 1998, CD, Ovni records.

4. Tous les mots disent la même chose
5. Autre chose
6. Local 16 studio

Notes : Il s'agit d'un split single avec le groupe Manta Ray. Chacun interprète trois titres inédits pour réaliser ce single sorti sur Ovni records, petit label espagnol, ayant également à son actif un single de Will Oldham.

Programme

Intro

Programme était un groupe de musique électronique, composé d'Arnaud Michniak (texte, voix et musique) et de Damien Bétous (programmation, musique). Formé en 1997 avec la séparation de Diabologum, Programme a cessé d'être en 2005, Damien étant désormais occupé à une vie de famille paisible.

Il est encore facile de se procurer "Bogue" (sur la boutique d'Ici d'Ailleurs) et "L'enfer tiède" (eBay) mais "Mon cerveau dans ma bouche" (le premier album) devient rare et cher (~40 euros), mais facilement trouvable.

- Archive du site du Brouillon (production de Bogue)
- Programme sur Wikipédia

Arnaud Michniak continue en 2007 avec un album solo "Poing perdu" et un film "Appel ça comme tu veux". Il produit et participe aux deux albums de Nonstop en 2005 et 2009.

Album et DVD faciles à trouver (cd1d.com, boutique du label).

En 2010, retour de Programme avec "Agent Réel", dispo un peu partout et de l'aveu de nombreux fans, moins intéressant que les opus précédents de Programme.

Discographie

Mon cerveau dans ma bouche

Album, 2000, CD, Lithium records

1. Demain
2. Le meilleur moyen pour y rester
3. Boomerang
4. La salle de jeux et la peur
5. P.O.L.I.C.E.D.U.M.O.N.D.E.P.A.R.O.D.I.Q.U.E.
6. Le jour est le brouillon de la nuit
7. Des singes déboulent de partout et tabassent tout ce qui passe
8. Et après ?
9. Une rime en or
10. Je sais où je vais

L'enfer tiède

Album, 2002, CD, Lithium records

1. Il y a
2. Une vie
3. N'Importe quoi pour n'Importe qui
4. C'est bien
5. Cette page d'histoire
6. Entre deux feux
7. Le sort
8. Et la ville disparaît

Bogue

Album, 2004, CD, Le Brouillon / Ici d'Ailleurs

1. Plus Fort + Je Veux Trop + Etranger
2. Ce Serait Trop Long A Expliquer + Dis-Le + Fiction Et Réalité
3. Mon Geste + Lundi

Paroles / textes

Poing perdu (Arnaud Michniak)

Album, 2007, CD, Ici d'Ailleurs

1. Poing perdu I
2. J'attends
3. Mille voix
4. Mourir idiot
5. Je suis le peuple sans visage
6. Poing perdu II
7. A travers les gens comme au fond de moi
8. Poing perdu III

Agent réel

Album, 2010, CD, Ici d'Ailleurs

1. Je m'appelle
2. Agent Réel
3. Bruit direct
4. C'est une épreuve de force
5. Y'a quelqu'un
6. Ce n'est pas ça
7. Nettoyage éthique
8. Nous
9. N.A.M.

Paroles

Mon cerveau dans ma bouche

Demain

demain j'prétand pouvoir parler
sans précaution ni détour
pour affirmer ce que j'ai vérifié
ce sur quoi on ne pourra pas revenir
avec des doutes
c'est le disque de quelqu'un qui sait
qu'il n'en retire aucune fierté
parce que la vérité distribue la honte
honte d'être minable, égoïste et sans projet
si ce n'est celui de continuer a cultiver la seule chose qui aie porté ses fruits
l'idéalisme,
ce disque est son fruit
et aussi la preuve que je suis egoiste et minable
et aussi une grosse merde
tous les disques sont d'la merde !
la seule chose qui n'est peut être pas de la merde
c'est de savoir apprécier le silence

Je tiens pas spécialement a vous accrocher avec du style
mais j'y suis obligé
sans quoi il n'y aurait sans doute pas lieu d'être commercialisé
Mais sachez bien qu'c'est d'la merde
tout ce qui fait qu'on parvient a décrocher un rôle dans ce monde
qui est d'la partie la plus merdique de nous même
celle qui mérite un salaire
le salaire de l'egoisme
c'est toujours la même chose non?
certains s'arrangent avec leurs illusions
certains trouvent de quoi être serein
D'autres viennent mourir pour rien
On est des premiers
d'autres viennent pour venger

D'abord je n'suis rien
quand j'ai eu la faculté de me battre
la bataille etait finie
quand j'ai eu conscience de moi et de ma vie
c'en etait déjà décidé
la bataille ne ce situe pas dans le temps
elle est le temps
c'est à dire une chose sur laquelle on est toujours en retard
j'avance en me sachant en retard
j'repousse l'échéance
car tant qu'il y a d'la vie y a de l'espoir
même si l'espoir me parait être une drôle de danse

Il arrive un point où tu n'peux plus faire marche arrière
sans renier ce qu'il a forgé
ca fais partit des trucs a piger et vite
avant que les autres en profitent et te protègent
des erreurs que tu pourrais commettre
Ils disent n'importe quoi
tant qu'ils le pourront ils diront n'importe quoi
jusqu'à ce que la leçon rentre
j'te jure qu'il y en a un paquet qu'attendent que ca
si c'est pas toi ca sera un autre
il arrive un point où tu n'arrive plus a t'reveiller
tu t'répètes: tout va bien s'passer, tout va bien s'passer
j'me fais pas de soucis, j'ai confiance
il m'arrivera rien
j'ai pas besoin des autres
ni de leurs promesses
ni rien pour décrocher un rôle dans leur kermesse
au contraire
plus je m'en éloigne
et plus j'avance
mais tu dois finir seul
quand tout le monde aura vu vraiment qui tu es
je m'souviens je pensais a demain
et plus j'y pense plus le temps semblais long
et les chances d'y arriver réduites
et puis j'pensais que demain serait le contraire d'aujourd'huit
et c'etait des conneries
demain c'est un poster aux chiottes
je l'ai compris
demain c'est du parfum sur des croûtes
demain c'est d'parler de cailloux jetés dans un lac
et de l'horreur qu'est belle
de l'horreur qu'est vraie.

Le meilleur moyen pour y rester

Pour que ça plaise, faut du rime j'te dis
Avec du rime, tu peux tout dire, tout faire
Être acteur dans une parodie et prendre cher
Faire croire qu'il suffirait de bien se cramponner à une étoile
Bien tant pis laissez pisser
Regarder les choses en face et y prendre part pour le dire mieux
Tu peux même être aidé si tu veux, bercer dans la défaite
Si t'écris pas des morceaux, t'envoies des lettres
Celles où celui qui voudra de tes nouvelles aura la FNAC comme boîte aux lettres

J'ai un trou dans la tête, chouette

Quand ton cerveau glisse dans ta bouche
Tu mâches, rabâches, tu fais ça dans ton coin
Peut-être que tu pourras le faire jusqu'au bout
Parce qu'on sera toujours là derrière moi pour me reprendre
On me décrochera si j'arrive à me pendre
Comme ça ou à la longue, on aura ma peau
Et si j'ai mis mon cerveau dans ma bouche, on aura pas plus de moi que d'une mouche
Ca devrait te suffire de te dire qu'on aura pas plus de toi que d'une mouche
Même si c pas très malin, je continue, on verra bien

Une suicide par les mots, voilà ce qu'il me faut

J'ai trouvé

Dans le monde parodique, je prends une bombe dans sa position des règles (?)
On verra bien, après avoir vidé (?) tout ce qui traîne, ce qu'il advient
Tout ce qui fait que tu as souvent l'impression d'être trahi
Juste quand ta propre haine en fait partie
Comme chaque illusion ramène, profond dans la peur (?) après avoir tendu la main pour la peine
Et s'il n'y a rien après, restera au moins demain
Avec d'autres trucs à dire sans doute
Alors qu'il aurait suffit de vivre tranquille
Mais c'est que dès le début t'as vu que c'était trop peu
A ça, ce qui (?) qui ronge les visages, la vengeance et la haine
Déjà la vue du sang fait peur, ça veut tout dire
Ca va pas être propre, ça n'est sûrement pas le temps qui en donnera une autre image
Parce qu'il faut savoir mentir pour faire plaisir
(Meilleur moyen pour y rester )
Au fond du premier pronom (?) personnel
Lance cette drôle de machine pour justifier mon existence
C'était réglé d'avance

Je suis un boomerang

Je suis un boomerang

J'ai le c½ur entre les dents
C'est stressant de risquer à chaque instant de boire son sang
Je sais prendre la pose
C'est troublant de se dire "quelque soit" veut dire quelque chose

Je rêve de maisons en ruine
C'est traumatisant d'y voir des aveugles inventer des signes et se blesser dans le noir en gesticulant
Je connais la morale, c'est intéressant de vérifier que faire le bien c'est mal faire le mal

Je suis un boomerang
Ca veut dire aussi que je retourne chaque fois sur mes pas
Donc que je n'oublie pas qu'à 26 ans je n'ai déjà quasiment plus le choix

Parce que moi je suis moi...

Je suis un boomerang
Si on me lance fort et loin
Je file en tournant sur moi-même et je reviens
Aussi loin lancé quelque part
Je reviens toujours au même point de départ
Comme un boomerang
Je lance fort et loin
Il file en tournant sur lui-même et me revient
Aussi loin lancé quelque part
Il revient toujours au même point de départ

J'ai vu des philosophes
C'est marrant de juger ce qu'il en reste vraiment dans la vie de chacun tous les jours
Je dois gagner mon argent
C'est angoissant de se dire que ce seront tout le temps les mêmes questions qui reviendront sur la table
Je vois des veuves
C'est impressionnant de les voir du haut du pont jeter le miroir cassé dans le fleuve

J'ai le coeur entre les dents ( *2 )
C'est vraiment dégueulasse

Je suis un boomerang
Ca veut dire que souvent je décolle pleins d'espoirs et de joies
Je me retrouve comme avant les deux pieds dans l'alcool

Parce que moi je suis moi je suis

Je suis un boomerang
Si on me lance fort et loin
Je file en tournant sur moi-même et je reviens
Aussi loin lancé quelque part
Je reviens toujours au même point de départ
Comme un boomerang
Je lance fort et loin
Il file en tournant sur lui-même et me revient
Aussi loin lancé quelque part
Il revient toujours au même point de départ

D'un brumeux voile qui recouvre les visages et les gestes
Tout devient flou
Chaque parole est un tunnel qui débouche sur une cage suspendu en dessous du reste
Je deviens fou mais il faut remonter
Et ces choses qui m'ont imprégné, les effacer et les entraîne (?) de ne plus faire ces choses... (???)
Je suis un boomerang

Je sais où je vais

(Je vais mourir parce que je ne sais pas... )
Le monde dans lequel je vis, je me le suis construit
A partir de là, être soi-même, ça veut dire quoi ?
Prendre du recul, lâcher tout ça veut dire quoi ?
Si je crève là, ça me convient
Rien à foutre d'eux, rien à foutre de rien
Tout ce que j'ai vu

Que dans un monde régi par le crime,
Si je veux avoir une place en y parlant au présent
Je dois devenir criminel, prendre part aux trafics d'influence et tout le bordel
Les plus malins y mènent la danse
Tout repris, pollué
Les civilisés puent le singe
Vous connaissez James Brown, moi c'est le contraire
Je suis blanc et je suis pas fier

La région où je suis né, maquillée par les urbanistes
Remise à neuve, mais abandonnée
Une région dépeuplée où personne ne reviendra jamais
Si ce n'est pour la détruire
La grand-mère m'y attend
Avec les voisins qui n'ont pas d'enfants
Ils sont venus ici pour mourir et ils meurent
La solitude est quelqu'un
Une fillette décoiffée qui traversera en courant la fin de leur vie

(Je sais où je vais )

Les devoirs, leçons, obligations, ce qu'on m'apprend est inutile
Faire ce qu'on me demande sans me poser de questions
Les plans en deux parties, en trois parties
Le chapeau introductif sous forme d'aphorisme
Ca a fait un tube avec l'eau minérale
Surtout ne le prenez pas mal
On va les brider, d'entrée
Vive les fonctionnaires
Dans toute cette merde, je construis mes propres jouets
Je sais où je vais
J'écris avec autant d'application que je coupe ma viande
Je sais où je vais
Je sais dans quoi je rentre
Je sais mentir
Je sais garder un secret
Je sais faire en sorte qu'on n'en parle plus
Je sais où je vais

(Je sais où je vais )

Les images de l'enfance
La cousine vêtue d'une seule culotte blanche
C'est la première image de la journée
Quand elle étale la crème dépilatoire sur ses jambes
On dirait des bottes en yaourt nature
La peau douce et satinée de ma cousine

Qu'est-ce qu'on fout là ?
Qui est-ce qui disait qu'est-ce qu'on fout là (?)
On devrait jamais dire du mal de personne
Les types qui finissent clodos, je commence à comprendre
Les pères de famille qui à 30 ans se pendent, je commence à comprendre
Tout est gâché
Avant de créer des emplois, faites des hommes
Des conauds (???) dans des bureaux appliquent des consignes

Allez tous vous faire branler
Essayer d'être honnête et c'est réglé
On vous dira :
" Je ne suis pas là pour discuter de l'absurdité d'une loi"
La vérité, ce qu'il faudrait se monter telle qu'elle veut que l'on soit
Assisté de A à Z
Toujours en bonne position pour demander de l'aide
Leur bonne conscience les rend malsain
Rien à foutre d'eux, rien à foutre de rien
On ne dit pas les choses comme elles sont
Ca n'intéresse personne
Le singe a conscience des uns (?) pour survivre
Et si on est pas assez cohérent pour le suivre
C'est qu'on n'est pas capable d'être un singe
On est juste un singe raté
Qui la ferme et encaisse
Il va pleurer dans une cave
Comprendre pourquoi il est venu en enfer
Peut-être pour que quelqu'un le dise
Pourquoi il a honte de ne pas être un singe
Pour que tout soit dit, même le gâchis
Avec des mots pour faire vomir
Et qu'on ne croit plus qu'il y ait du pour et du contre
Et qu'on choisit de lutter ou pas pour l'avenir des choses
Sans saisir le lien de ces choses entre elles
Ni de devenir quelqu'un d'autre

(Je sais où je vais)

J'ai besoin de réduire la conscience de moi-même
Si je n'en suis pas capable, je ne mérite pas qu'on m'aime
Sauf peut-être chez ceux qui ont
Une araignée collée au plafond

Et qui communique par télépathie
Les enfants de l'enfer ont conscience des uns (?) pour survivre
Les enfants de l'enfer communiquent par télépathie

Et si je ne suis pas assez fou pour les suivre
Je n'ai qu'à la fermer, me marrer
Ou filmer leur grimace
Comprendre pourquoi je suis bien à ma place
Peut-être pour que quelqu'un le dise
A quel point il a honte d'être bien à sa place
Pour que tout soit dit

Même le gâchis
Avec des mots pour faire vomir
On ne croit plus en quelqu'un d'autre
Sans devenir le pour et le contre
Je voudrais la fermer
Je voudrais me prendre un mur
Je voudrais travailler la terre pour nourrir ma famille
Je voudrais être heureux
Partir où je veux
Je voudrais pouvoir refaire ma vie
Je voudrais tuer
Tuer des gens
Je voudrais voir les visages décomposés par la peur
Me dire : "hein ! C'est fini ", lui aussi
Pouvoir rire de leur vie
Dis le moi si je suis foutu
Ca ne peut plus être vrai
Dis le moi si je suis foutu
Ca ne peut plus être vrai

L'enfer tiède

Et la ville disparaît

à la fin de l’autoroute derrière la butte la ville apparaît
on l’a construite en fonction des grillages
des choix des homosexuels
des bombes à poil lustré pour animaux domestiques
pour que les gens qui s’étaient battus pour leurs droits deviennent des fous
des souffleurs dans des publicités où on demande aux jeunes
combien coûtent les études au contrôle de pointe
où on parle d’apprendre la vie à ceux qu’on étouffe
sous le bouclier laser les pays qu’on affame
avec la peur de finir attaché à un poteau
alors qu’aux mêmes feux rouges les mêmes images refont les blessures profondes
devant celles des guerres les mêmes imaginent
des gens vus ici mille fois dans la rue crier et pleurer
les larmes de ceux qui ont vécu ça ne sont qu’une neige d’écran à nos yeux

notre réalité est une usine
des nuées de voix noircissent ses bouts
la violence y meurt aveugle
puisque faire confiance au savoir c’est faire confiance au Roi
et ce fossé
les mots ne peuvent le combler sans en maquiller les plaies
si les mots étaient des armes
est-ce qu’ils resteraient le seul moyen de conciliation comme on le dit partout ?
parce que chacun est armé des siens contre ceux des autres
et que c’est le but dans lequel on les utilise qui compte ?
et s’il fallait chercher un but
faudrait-il un verre de plus pour voir ce dont on est capable ?
ou se cacher dans une forêt ?
ou suivre les traces de ceux qui passent sur le feu ?

toutes ces questions remuent en vain la poussière
pourquoi servir d’exemple alors qu’on n’y croit pas ?
entre les gestes la ville transpire
ce qui éclate à l’intérieur résonne au dehors
un briquet s’allume sous une cuillère
des bouches tracent leur salive sur des cous
des phares de voiture préviennent une fuite
un croisement de jambes dévoile un grain de beauté
des escalators tournent dans une gare déserte
une pendule tourne dans cette gare déserte
une autre pendule tourne au centre sur une place bondée
un homme se suicide de trois balles dans la tête dans un asile
un autre regarde derrière ses rideaux si on n’est pas en train de voler sa moto
des clochards jettent des pièces dans le fleuve

et la ville disparaît

et aux abords du périphérique la misère se cache
pour ne pas contrarier le confort privé
tandis que sort un énième essai sur Flaubert
des experts recousent les maux dans des débats
c’est un attachement qui jouit dans sa prison
la boîte à musique qui sépare les foules
et quand une parole juste y fait surface
ils ont toujours derrière de quoi dédramatiser
l’Histoire passe
comme un rappel à l’ordre sous le préau
le même son de cloche rameute le même troupeau
et devant ses rancoeurs les mêmes imaginent
si les balles disaient quelque chose ce qu’elles diraient
si elles disaient un mot lequel ce serait

notre intelligence est un calcul
au moment opportun il faut savoir convaincre quelqu’un
faire correspondre les apparences selon les critères admis par la correspondance
entre ce qui est dit et ce qui est vrai
il y a mille milliards de dollars
et entre ce qui est dit et ce qui est fait
les intérêts
chacun y trouve le sien
ça en rajoute un autre
d’ici qu’en rajouter un autre en rajoute un autre il n’y a qu’un pas
et s’il faut le franchir pour y trouver le sien
chacun le franchira
et viendra ensuite expliquer jusqu’à quel point sous les apparences
l’intelligence mène le combat

tous ces mensonges réduisent tout espoir en poussières
pourquoi s’en préoccuper si ça ne doit jamais changer ?
entre les restes un souffle déchire
ce qui se gagne à l’intérieur se donne au dehors
des amoureux ont peur de se séparer pour la première fois
des amis ne supportent plus leurs manies
un élan aggrave une chute
et plus on se rapproche plus c’est flou
plus on se raisonne plus c’est fou
plus on se raccroche plus c’est mou
les deux trois trucs qu’on ne dira pas
celui qui a souffert cent fois plus et qui dit qu’il faut croire à la vie
désolé de ne pas nous convaincre et d’être plus fort
désolé de ne pas s’excuser

et la ville disparaît

et loin derrière la ville disparaît
on n’aurait pas cru qu’elle puisse disparaître si vite
on reconnaît la scène comme si on l’avait déjà vécue
chacun reparle d’histoires présentes dans sa mémoire
si vous l’aviez vu la pauvre
tâtonner dans le sombre couloir pour rejoindre son lit
elle était la lumière des aveugles voyants
le fantôme des rues saoules
tous ceux qui n’en peuvent plus d’être
des points dans le puits sans fond des lieux communs
ça nous a fait bien rire
ils ont fait ce qu’ils ont pu
2002
le produit nous consomme

Bogue

plus fort plus fort plus fort

lundi

mardi

mercredi

jeudi janvier

BOGUE

trop je veux trop je veux trop je veux trop je veux trop je veux trop je veux trop je veux trop je veux quoi je veux quoi je veux quoi je veux quoi je veux quoi je veux quoi je veux cri je veux cri je veux cri je veux cri le cri le cri le cri le cri crier crier crier crier crier riez riez riez riez !

BOGUE

i'm a stranger
je suis étranger

no one can comfort me anymore
personne ne peut plus me rassurer

il feel like a ghost in this town
je me sens comme un fantôme dans cette ville

alone and untouchable amongst the others
seul et intouchable parmi les autres

i like not noticing them
j'aime ne pas faire attention à eux

no longer hoping they'll speak to me
ne plus espérer qu'ils vont venir me parler

walking indifferently in between
marcher indifférent au milieu

stopping in front of a departement store and watching them
m'arrêter devant un grand magasin et les regarder

i like being alone like that
j'aime être seul comme ça de mon côté

arriving in front of my home and believing this time is the one
arriver devant chez moi et croire que cette fois-ci c'est la bonne

i'm going to home
je vais rentrer

and not stop

OTHERS THINGS LIKE THAT d'autres choses comme ça
IN A CAR en voiture
WITH SOMEONE I VAGUELY KNOW avec une connaissance lointaine
IN CONVERSATION je discute
IT'S A PLEASANT MOMENT c'est un moment agréable
BUT THEN I'M OVERCOME BY VIOLENT IMAGES pourtant d'un coup je suis envahi par des images violentes
I SEE MYSELF GIVING A HUGE PUNCH TO THE PERSON I'M WITH je me vois donner un grand coup de poing à celui avec qui je suis
GRABBING THEIR HEAD AND BEATING IT WITH ALL MY STRENGTH AGAINST THE GLASS saisir sa tête et la frapper de toutes mes forces contre la vitre
I SEE THEIR BLEEDING HEAD IN MY HANDS je vois son visage en sang entre mes mains
WHILE THE CAR SPINS INTO A DITCH tandis que la voiture part dans le fossé
AFTER WHICH I FIND MYSELF IN THE MIDDLE OF A SENTENCE CONTINUING après quoi je me

surprends au milieu d'une phrase en train de continuer la conversation comme si de rien n'était

BOGUE

ce serait trop long à expliquer
tu sens les chiffres et ça sent mauvais
l'époque et ça sent mauvais
tes rêves et ça sent mauvais
tu dis tant qu'il y aura des chiffres
tant qu'il y aura des coups
tant qu'il y aura des hommes ça sentira mauvais
et arrivé là tu crois comprendre
comme avant déjà t'avais cru comprendre

pourquoi vous êtes amoureux de l'ennui et du remord de ne pas être libres et retombez toujours dans les mêmes travers ?

ce serait trop long à expliquer

voilà un exemple concret :
à travers le filtre des mobiles
vous avez du mal à reconnaître ceux qui vous sont proches
dans les coupures de réception vous les perdez
et vous leur parlez encore alors qu'ils raccrochent
vous vous réveillez avec une question
que faire des années qui restent ?
ce que tout le monde fait déjà ?
personne ne fait aussi bien que moi personne ne peut rien contre ni pour moi
et arrivé là vous devez attendre
comme avant déjà vous aviez du attendre

ce serait trop long à expliquer

pourquoi maintenant il va essayer de défaire le nœud de stress d'angoisse et de peur
imaginer qu'il est chez lui et qu'il sort toutes les photos qu'il a de lui
pour les déchirer
il imagine qu'il retourne tous les miroirs
parce qu'il ne veut plus se voir
il n'a plus besoin de se voir
mais pourquoi il veut juste laisser couler ?

ce serait trop long à expliquer

quelqu'un entre
dis quelque chose !
le robot est l'aboutissement du cerveau occidental
suivant
dis quelque chose !
le crime global est le but inavoué de l'humanité
suivant
dis quelque chose !
le silence est mort
et on a compromis le bruit
chocs invisibles amours salis luttes mesquines désirs masqués
encore une corde usée sur laquelle tirer
il se redresse et dit :
ce que vous faites n'est pas la solution
ce que vous faites est une autre manifestation du problème
et parce que t'y penses en ces termes
de problème et de solution
tu restes prisonnier
ce que vous appelez votre dignité
c'est un espace forcé
où la conscience que vous avez de ce que vous êtes rachète ce que vous faites
mais pourquoi on a besoin de parler comme des étrangers ?

ce serait trop long à expliquer
ce serait trop long à expliquer

BOGUE

midi soir nuit matin midi soir nuit matin as de pique midi soir nuit mains deux de pique verre mur faire le mur trois de pique dans la tête voiture faire l'amour dans la poche nuit dans le cul onze de pique matin midi soir nuit faire mal une mouche dans ton cul dis-le dans son cul entrez une pluie de mur j'arrive dis-le ! dans notre cul matin si je veux dis-le !! midi dans votre cul c'est moi qui veux plus fort dans leur cul si ils veulent ils diront que c'est toi qui veux DIS-LE ! soir DIS-LE !! nuit

BOGUE

un type en haut d'un pylône
il saute
il s'accroche à la première ligne
il saute
il s'accroche à la deuxième
il saute
il s'accroche à la troisième
il fait ça jusqu'à ce qu'il soit devenu une boule de feu
et quand il est devenu une boule de feu
on le met dans une boîte avec écrit dessus « boule de feu »
celui qui est cassé
étranger à lui-même et à tout
à l'intérieur d'une vitre qui entoure du vide
personne ne peut plus le comprendre vraiment
parce que pour lui la fiction a commencé en même temps que la réalité
parce qu'elles l'ont aimé chacune et détesté
qu'elles l'ont tiré chacune de leur côté
parce qu'elles l'ont écartelé

il est le fossé jamais comblé

BOGUE

je cherche encore à expliquer ce qui s'est passé entre moi et le reste de la réalité
dans le métro je veux crier
et dans la rue aussi je ne fais pas de bruit
je marche des heures sans que personne ne crie
je quitte des gens
avec d'un coup l'impression de m'être complètement leurré
par habitude
par ce que j'attribuais en échange de ma compagnie
et plusieurs fois
j'ai cette impression avec moi
je deviens ce qui m'a fait
ce que la société a décidé pour me définir et m'abolir
je suis ce moment où elle m'a choisi pour visage
pour s'admirer encore dans la monstruosité d'un autre
je suis une erreur
qui attend son heure
pour se répéter plus loin

je cherche mon pouls
dans la file d'attente du bureau de tabac je cherche mon pouls
devant les cadrans des administrations je cherche mon pouls

je fais mon geste
encore et encore
des milliers de fois
je fais mon geste
encore et encore
des milliers de fois
je suis un geste qui se répète des milliers de fois
et je suis l'accoutumance à ce geste
et je suis l'œil qui voit
je suis aussi le geste qui précède et…

encore une chose
l'impression que chaque journée est une succession de présents mécaniques
que chaque contexte implique une attitude mécanique
que mes sentiments forment le mécanisme réactif de leurs éclats mis bout à bout
qui parviennent toujours à me faire oublier
de reprendre ma vie là où elle ne s'est pas arrêtée
de me remettre en cause
de redevenir la source de ce qui arrive
de redevenir une cause
ma cause

je fais mon geste
encore et encore
des milliers de fois
je suis un geste qui se répète des milliers de fois
et je suis l'accoutumance à ce geste
et je suis l'œil qui voit
je suis aussi le geste qui précède et celui qui suit
je suis le geste qui gît encore et encore
des milliers de fois
je fais mon geste
et l'impression qu'une voix hante cette masturbation quotidienne
encore et encore
des milliers de fois
je suis un geste qui se répète des milliers de fois
et je suis l'accoutumance à ce geste
et je suis l'œil qui voit
je suis aussi le geste qui précède et celui qui suit
je suis le geste qui gît encore et encore
des milliers de fois
je fais mon geste
encore et encore
des milliers de fois

BOGUE

je fais mon geste
encore et encore
des milliers de fois
je suis un geste qui se répète des milliers de fois
et je suis l'accoutumance à ce geste
et je suis l'œil qui voit
je suis aussi le geste qui précède et celui qui suit
je suis le geste qui gît encore et encore
des milliers de fois
et je suis drogué à mon geste
et je suis la drogue qui vit
je suis aussi ce qui meurt longtemps et ce qui meurt depuis
je suis la mort qui agit je suis la vie
je fais mon geste
encore et encore
des milliers de fois
je suis un geste qui se répète des milliers de fois
et je suis l'accoutumance à ce geste
et je suis l'œil qui voit
je suis aussi le geste qui précède et celui qui suit
je suis le geste qui gît encore et encore
des milliers de fois
et je suis drogué à mon geste
et je suis la drogue qui vit
je suis aussi ce qui meurt longtemps et ce qui meurt depuis
je suis la mort qui agit je suis la vie

BOGUE

lundi

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