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Avec de vrais morceaux de 2.0 !

Nonstop

Nonstop, alias Frédo Roman, a sorti un album "Road Movie en Béquilles" en 2005, produit par Arnaud Michniak, sur Ici d'Ailleurs. Illustrations de Stéphane Blanquet (superbes). Un clip a aussi été produit. Et plus rien jusqu'au printemps 2009 : nouveau site officiel, nouveau clip et nouvel album (autoproduit) "J'ai rien compris mais je suis d'accord" prévu pour sortir le 25 mai 2009.

Il reste des bouts du premier site officiel sur le site du label : http://www.icidailleurs.com/nonstop/.

Sons

Trouvé par truchement sur le site du label, on peux télécharger deux titres live : Idiot cherche village et Toux de chenil.

Paroles

Je met ici, à titre d'archive de l'ancien site (aujourd'hui squatté par de la pub), les paroles de l'album.

1. Devant ma nuque

Je paranoye je perd un ½il
Dans le c½ur de ma vie
Ma tête tourne pour mordre ma nuque
Ils ont retourné mon bureau pour se branler derrière mon dos
Je ressemble à un portrait robot
Shampooing aux amphétamines
Dentifrice à la caféine
Les nains prennent leur bain dans le bidet
Au dessus du lavabo le cyclope me fait un clin d’½il
Le journal de 13h se termine par la naissance d’un panda
Pendant ce temps là des milliardaires poursuivent le printemps en avion
Invincibles comme la mort
L’élite, le gotha, le gratin accouchent en levrette
L’amnésie retrouve la mémoire en enfonçant ses doigts dans une prise
Crachats de coups de boule
Chewing gum à l’aluminium
Je tire sur les ficelles qui sortent de mes oreilles
Et je me fais péter la tête comme un Mammouth

Je suis pas dingue je suis vigilant
Quand je dors je ronfle pas je grince des dents

Une alarme sonne toutes les trois secondes et s’arrête uniquement en cas d’intrusion
Une chaise qu’on retire quand on s’assoit
Addition de soustractions
Mémoire sans tain
Mes ongles poussent plus vite
J’ai tellement pleuré que les pompiers sont venus me chercher en barque
Brandade de sirènes
Epine dorsale cassée
J’aurais pas du choisir mes amis avec un annuaire et des fléchettes
Je tremble comme une araignée qui brûle
Je me réincarne en avalanche pour pleurer dans la mer
Voyage dans une cage
Je sue mon sang dans un radiateur froid
Aussi maffré qu’un albinos
Allaité à un cancer du sein
Quand je vais chez mes parents c’est comme si je me retrouvais dans un service après vente
Je renifle en reculant, je respire entre mes dents
Je baisse le rideau en remontant ma braguette

Je suis pas dingue je suis vigilant
Quand je dors je ronfle pas je grince des dents

2. Ça m'arrive

Recevoir des messages d'extra-terrestres en me gargarisant la gorge
Etre poursuivit par Michel Constantin en androïde fou ça m'arrive

Au milieu de la foule ne plus savoir marcher
Faire du deltaplane affalé devant la télé ça m'arrive
Penser à Superman cloué sur son fauteuil roulant
Crisser des dents rien que pour passer le temps ça m'arrive
Toujours chercher sans jamais trouver mes parents au supermarché ça m'arrive
Tous les matins poignarder mon réveil
Rechercher mes dents de lait dans la cour de récréé
Croire que les aveugles applaudissent tous comme des otaries
Savoir qu'une frigide qui chiale c'est une frigide qui jouit c'est parti !

Ne voir à la télé qu'un coyote déguisé en Batman qui se jette d'une falaise et s'écrase sur des rochers
ça m'arrive
Croire que les hémophiles sont des vampires
Croire que les claustrophobes s'enferment toujours à double tours ça m'arrive
Entendre bouillir de la diarrhée dans les varices des mémés
Manger des frelons au petit déjeuner ça promet
Aux enterrements enrager de ne pas être le mort
Croire que l'homme qui n'a pas tué n'est qu'un puceau
Sodomiser des chats rien que pour les faire ronronner
Suspendre des somnambules à des crochets de boucher ça me plait
Croire qu'un mime c'est un miroir qu'on peut briser sans risquer 7 ans de malheur
Savoir que la France est une mongolienne
La France est une mongolienne ça me gêne

Faire claquer mes doigts dans les oreilles des sourds
La première dose est toujours gratuite ça m'agite
Voir des noyés sur les toits des maisons
Tous les jours devoir jouer le maintien contre une équipe de Van Basten ça me ruine
Certains matins ne plus voir mes mains
Electrocuter l'océan en jetant dedans des grilles pain c'est malin
A chaque minute de ma vie c'est un ½uf dur que j'avale ça m'étouffe
Croire qu'il y'a toujours des grosses femmes qui se cachent dans les armoires à glace ça m'arrive
Croire que les centrales nucléaires sont remplies d'enfants épileptiques ça se complique
Voir une femme monter les escaliers et avoir l'impression de voir un oiseau mort s'envoler
ça m'arrive
Sucrer les réservoirs des diabétiques mieux simuler qu'un paraplégique c'est pratique
Avoir autant d'avenir qu'une danseuse étoile qui atterrit sur une mine

Même quand je dormirais plus avec mes dents ça m'arrivera tout le temps
Même quand les poules auront des dents ça m'arrivera tout le temps

3. Idiot cherche village

Daltonien échange ½il vert contre ½il rouge
Dés½uvré troque chewing gum contre agrafes
Poignard cherche dos
Surréaliste échange sexes féminins contre moules à crapauds
Aveugle attend embryon de vision
C½ur gros désire apesanteur
Jésus échangerai croix contre trône
Putain cherche enseigne
Obèse à la retraite échangerait vergetures contre cicatrices
Country couvrirait cris d’enfants
Page blanche achète mots
Gode offre dépucelage
Hydrocéphale cherche valve
Punitions réclament distributeurs
Ambulance en flammes cherche sortie d’autoroute
Camion fou échange freins contre platane
Cleptomane poursuivi par caïman invisible court après sac à main
Maladie rare recrute cobaye
Couturière recoud frein sur tapis roulant
Derrière cul de secrétaire dans couloir moulant

Idiot cherche village

Rouge à lèvres donne rendez vous à ampoule électrique
Muséum embauche homme fossile
Grand brûlé échange barbecue contre VTT
Médecins sans frontières cherche infirmières sans culottes
Stakhanoviste cède pendaison contre jours de congés
Homme invisible cherche plage naturiste
Poids mort cherche balance
ANPE recrute SDF comme homme sandwich
Miss météo échangerai méduse morte contre cerveau
Chiennes de garde échangerai stérilet contre piège à loup
Producteur de rap engage King Kong à la merde
Chômeur vend radio réveil contre foie soluble dans l’alcool
Ambulancier débordé échange brancard contre éponge
Unijambiste ramasse pas pour en faire des entorses
Cancer de la haine cherche plaie sans corps
Sourd muet enfermé dans rires préenregistrés achète coton tiges
Cartouches à mâcher cherche dents creuses
Forain sans manège te dévisse la tête et te chie dans le cou
Battiston achète molaire
Crochet de boucher attend slow

4. Toujours du vent sur les ponts

En s'éloignant du centre ville le métro a l'air d'une diligence
Des affiches indiquent un numéro vert pour donner son corps à la science
Dans un ascenseur sans boutons la France d'en bas remonte à la surface
Vomie / par le cul / sous la pression / des nerfs

Les cameras de surveillance sourient tout en enregistrant la fin du film
Les rêves des femmes enceintes sont sur écoute
Leurs bébés naissent avec toutes leurs dents
On en fera / des banquiers / qui boufferont / des cuistots

Vous endormez pas sur vos barbelés
Vos menottes sont pas assez serrées

Une berceuse dans chaque poing des fers à repasser aux pieds
On me suit à la trace depuis que les satellites localisent les fous rires
Va falloir imiter les zombies pour pas se faire bouffer
Attirer la sympathie des jurés pour être innocenter
Les procès / sont à guichets fermés / les faits divers / plaident la folie

La bourse_ la météo des riches_ annonce des licenciements sans parachutes
L’homme le plus riche du monde fait applaudir des singes
La boîte crânienne sciée les téléspectateurs s'endorment
Le port de la muselière est obligatoire dans les musées
On reproche à la mort / de sentir mauvais

Vous endormez pas sur vos barbelés
Vos menottes sont pas assez serrées

Les labos préparent un vaccin pour remplacer la pilule
Les insecticides font grossir les araignées
On se passe le cerveau au peigne fin
On fait son plein en essorant des mouettes
On améliore / son sourire / en se mangeant / les joues

Dehors c'est tellement laid qu'un jour on pendra les architectes à des grues
Névrose en plaque, noyé par balles
On applaudit à la fin du spectacle pour se féliciter
D’avoir tenu / jusqu’au bout / d’être rester

5. Faut Pas Rester là (feat. Arnaud Michniak)

Quand on arrivera devant la porte
On mettra des grands coups de poings
Des grands coups de poings dans la porte
On prendra une barre de fer
Et on frappera de toutes nos forces
De toutes nos forces dans la porte
Et quand elle s'ouvrira
Ceux qui l'ouvriront
On les jettera dehors
On les jettera dehors de toutes nos forces
Et tout ce qu'il y'a derrière on le cassera
On cassera tant qu'on pourra

FAUT PAS RESTER LA

Y’a trop de temps mort entre les cris
Confusion
Dans ce cimetière non fumeurs
Jamais envie de me souvenir des rêves
Faut bien gagner son b½uf
Très vite je pense bêtement
Ramasser ses bras,
Mécaniquement
Numéroter ses os
Le bruit de la radio devient une chanson oubliée
On demande un traître tu veux pas y aller ?
Ç a arrive de plus en plus souvent que je me réveille avec le passé
Les porteurs d’eau sont morts de soif
C’est normal
Les croques mort sont syndiqués
Ceux qui décident aujourd´hui étaient adolescents il y a 15 ans
Le poisson pourrit par la tête
Ils jugeaient alors sévèrement l´époque précédente
Tout est bon quand on a faim
Comme aujourd'hui ils acceptent la présente
Ç a me réveille la nuit
Ce qu’ils ont chié
En niant que ce sont eux les adultes maintenant
On devrait le bouffer ?
Les nouveaux robots
Les nouveaux chiffres

FAUT PAS RESTER LA

Dehors
On est tous des camions fous
Peu importe où
On se poursuit en ramassant nos pas
C’est le même film qui est joué partout
Un à un
Un scénario où on meurt assis
Pour en faire des entorses
Entre la farce sociale et le porno
Dans cette vie qu'on confond de plus en plus
Avec une rage de dents
Où au lieu de réunir on multiplie
Dans cette vie où on se viole tous par amour
L’inachevé
De façon à croire que tant qu'on souffre
Où au lieu de le détruire on l’identifie
On sait qu'on n'est pas mort
En oubliant de définir ce qui a identifié
De façon à croire que ce qui fait plaisir
Comme inachevé aussi
Ne fait jamais de mal
En résumé
C'est toujours pour de rire
Pour le héros le moral est bas
Même si on fait semblant de croire que c'est pour de vrai...
Et la cerise a son gâteau sur les bras
Dansons la camisole

FAUT PAS RESTER LA

Et quand on nous emménera on se débattra
Tant qu'on pourra
Tant qu'on pourra
Et là où on nous laissera on criera
On criera de toutes nos forces
Et quand on nous demandera
Pourquoi on a fait tout ça
On ne répondra pas
Celui qui nous demandera pourquoi on a fait tout ça
On le montrera du doigt
Tant qu'on pourra
Tant qu'on pourra

FAUT PAS RESTER LA

6. Le vent ne tournera jamais

Se balader dans un poster
Tomber dans un trou de mémoire
S'aérer, ouvrir la fenêtre avec une télécommande
Revoir sa vie défiler devant son micro-ondes
Sa vie entière à voir danser les morts
De longues vacances au soleil parmi les serpents
Ici on est tous des passe-temps
Quand elle s'est enfuit
C'est moi qui me croyais en cavale
Cette femme borgne dont tout le monde se détournait
Fut l'objet de tant d'attentions lorsqu'elle devint aveugle...
Aujourd'hui tout ceux qui la regardent
S'endorment sur son visage
Les rares qui résistent ont des nuages dans les yeux
Je suis sur que tu penses à moi
Quand tu éteins les yeux des morts
Alors je passe mes nuits devant la mire
C'est notre lune à nous - notre étoile...

Le vent ne tournera jamais
Et ça tout le monde le sait
Parce que tout le monde le suit

Avant d'aller me coucher
Je vais quand même mater un sketch
Mourir un peu pour rêver d'avoir vécu
Et j'irai alors me coucher
Evidemment tu me joueras des sales tours
Tu feras tourner le vide autour de ce qui reste de moi
Se réveiller dans un poster
Le jour où le soleil ne s'est pas levé
J'ai du oublier d'ouvrir les volets
De toute façon dans le noir y'a rien de plus à voir que dans la lumière
Les avions le savent et tournent au dessus de ma tête

Y'aura pas de science-fiction
Y'aura pas de science-fiction

S'aérer, ouvrir la porte, sortir
Dans ce paysage qui n'accroche aucun regard
Le meilleur endroit pour voir danser les morts c'est là
Là où on fait semblant pour faire exprès
Là où les conversations s'arrêtent devant mon passage,
Et reprennent derrière mon dos
Là où on ne peut peindre ses rêves que dans un verre d'eau

Le vent ne tournera jamais
Et ça tout le monde le sait
Parce que tout le monde le suit

A moins qu'un grand feu ne brûle dans ma tête
L'étoile de mer qui me pousse sur le genou
Finira bien par m'étrangler
Mais avant qu'on ramasse mon ombre
Pour l'emmener au pressing
Je te croiserai peut être
Tu pleureras sans doute
Tes larmes en fécondant la terre
Feront naître un mime
Qui me tuera pendant dix ans
Ne pouvant s'accoupler qu'à deux
Les maudits du nombre impair
Laissent toujours une victime pour compte
Je veux qu'à chaque fois qu'on pense à toi
On pense à moi...

Le vent ne tournera jamais
Et ça tout le monde le sait
Parce que tout le monde le suit

Après ma mort, quelqu'un d'autre me fera danser dans un micro-ondes
Et là je saurais que je suis en enfer
Quand on commence à déconner
Autant mettre le paquet
Le plus dur ce sera de danser tout en restant en colère
Pour éviter le désespoir

Il va faire beau vous allez voir
Il va faire beau vous allez voir

La fille d'attente aura beau bailler
Ce sera pas un orchestre, ce sera une armée
On en verra des smokings s'agiter
Sur de la musique froissée
Ce sera la fin de la craie
Ce sera éteindre ses bougies d'anniversaire en criant
Ce sera le vent qui moissonnera la foule

7. Le coeur dans le dos

Si personne ne te le demande, tu crois savoir qui tu es
Mais quand on te pose la question, tu ne sais plus
A force d’avoir trop veillé sur le corps d’un autre
Comme si la mort pouvait conclure
A force de renaître chaque matin encore plus froid que la veille
Comme si la vie pouvait gagner
A force d’avoir trop peiné dans la peine des autres
Comme si l’échec était une preuve
Tu vides ta vie au milieu des souvenirs du fond qui baignent
Dans les cristaux liquides de ton horloge interne
A force de loucher devant la foule
Comme un lapin dans les phares
Comme si la terre n’était que l’½il droit d’un enfant autiste
A force de ne plus croire que les vainqueurs d’hier périront demain
Comme si ton mental d’acier avait rouillé
Comme si ton masque allait craquer
A vouloir gagner sans marquer
A tout prix haïr sans compter les intérêts
Tu ne crois plus qu’aux balançoires vides
Et à l’intelligence des machines

Il y’a des dunes où tu es né
Il y’a des vagues de lune où tu t’endors
Il n’y a plus personne avec qui aller se saoûler
Il n’y a plus d’amis
Il y’a des partenaires
Il n’y a plus d’ennemis
Il y’a des clients
Le couteau ne se porte plus entre les dents
Il se porte dans le dos
Le c½ur dans le dos
Les années passées et à venir dans le dos

Avec ou sans toi demain lui il sera là
Les matches seront disputés par des robots
On croira que ce sont de vrais hommes parce qu’ils saignent
Avec ou sans toi demain lui il sera là
Avec une jeune femme qui recherchera une place de caissière
Avec un vieillard qui suivra les bulles de savon de son enfance et se fera renverser par une voiture
Avec au milieu de nulle part le condamné à mort qui se fera lire les lignes de sa main une heure avant son exécution
Il fumera deux cigarettes, on lui refusera la troisième et on lui asséchera le fond de l’½il
Ta vie qui jusque là te suivais comme un mort vivant est en train de s’endormir
Tu regardes la nageuse mécanique remontée à l’infini s’éloigner
Comme si elle était la plus belle transfusion dont tu n’avais jamais rêvé

Il y’a des dunes où tu es né
Il y’a des vagues de lune où tu t’endors
Il n’y a plus personne avec qui aller se saoûler
Il n’y a plus d’amis
Il y’a des partenaires
Il n’y a plus d’ennemis
Il y’a des clients
Le couteau ne se porte plus entre les dents
Il se porte dans le dos
Le c½ur dans le dos
Les années passées et à venir dans le dos

Désormais tu es prêt à intégrer définitivement l’Esprit Maison
Tu ne veux plus entendre le ciel couler dans la mer
Tu ne veux plus croire à la couleur des odeurs
Désormais tu ne perdras plus car tu seras sûr de gagner
Tu intègreras définitivement l’Esprit Maison
Ce sera le dernier prétexte de cette vie à blanc qu’on oubliera aussi vite qu’une histoire drôle
Ce sera le dernier prétexte pour voir venir,
Décompresser un coup,
Montrer ses limites,
Tout en retenant les chiens.

8. On me dit jamais rien à moi

On me dit jamais rien à moi
Je pouvais pas le deviner
Fallait me l’expliquer
Je pouvais pas l’inventer

Moi je croyais que les trains c’était les crises cardiaques qui les faisaient dérailler
Que les fleurs se suicidaient en se cueillant toutes seules
Que la terre était chiée par les arbres
Que les vers solitaires se transformaient en papillons
Que Socrate était un footballeur brésilien
Et que les cunnilingus étaient des nuages
J’étais persuadé qu’en enfonçant des piles dans un mort né on pouvait le réparer
Qu’en arrachant une boucle d’oreilles on pouvait faire sauter une tête comme une grenade
Qu’on pouvait faire un garrot à une gorge qu’on venait de trancher
Que pour annuler un rendez-vous il suffisait de descendre son dentiste
Qu ‘en trompant sa femme dans un confessionnal on pouvait se repentir plus vite
Seulement voilà

On me dit jamais rien à moi
Je pouvais pas le deviner
Fallait me l’expliquer
Je pouvais pas l’inventer

Moi j’étais sûr et certain qu’en faisant boire de l’essence à un lévrier il allait courir plus vite
Qu’en changeant la couleur du sang y aurait plus d’assassins
Qu’en faisant maigrir les gros on faisait mourir les maigres
Quand je me masturbais Je croyais que c’était ma main qui prenait son pied
Je pensais qu’en distribuant ma photo à des tueurs à gages ça me donnerait le goût des voyages
Que les canadairs avalaient des surfeurs pour les recracher dans des incendies
Qu’en exposant mon pied fraîchement coupé dans une cloche à fromage j’allais réussir dans l’art contemporain
Je me vengeais dans les zoos en crachant sur les lamas

On me dit jamais rien à moi
Je pouvais pas le deviner
Fallait me l’expliquer
Je pouvais pas l’inventer

Aucun doute
mon cerveau avait la braguette ouverte
J’étais convaincu que mon nom était celui d’une maladie
Une maladie qui m’avait fait naître
Qu’il fallait que je meure jeune pour en guérir vite
Quand je mourrai ce sera pas la fin du monde
On m’enterrera et je repousserai pas

9. Rien dans la culotte

D’un homme grand et maigre
On dit que c’est une asperge
D’un homme gros et petit
On dit que c’est un tonneau
D’un homme grand et fort
On dit que c’est une baraque
D’un homme faible et sans courage
On dit que c’est une femmelette
Et qu’il n’a rien dans la culotte

D’une femme grande et maigre
On dit que c’est un cheval
D’une femme grosse et petite
On dit que c’est une rombière
D’une femme jeune et jolie
On dit que c’est une poule
D’une femme à poigne
On dit que c’est un travelo
Et qu’elle porte la culotte

D’un homme poli et bien élevé
On dit que c’est un fayot
D’un homme vieux et fatigué
On dit que c’est un débris
D’un homme qui se noie dans son vomi
On dit que c’est un poivrot
D’un homme lâche et déloyal
On dit que c’est un faux derche
Et qu’il a baissé sa culotte

D’une femme qui parle toute seule
On dit que c’est une folle
D’une femme qui a une verrue sur le nez
On dit que c’est une sorcière
D’une femme sur les nerfs
On dit que c’est une mal baisée
D’une femme timide et craintive
On dit que c’est une trouillarde
Et qu’elle tremble dans sa culotte

10. S'en sortir pour aller où ?

Quand j’accroche mon blouson
Je vois un minable de plus dans la penderie
Un nid de souris dans l’oreille d’un chat
Une fourmilière dans un tête en verre
Un poumon dans une veine
Un skinhead qui baille en pogottant une bouche sans oreilles
Une journée dans la vie de… Un c½ur sous la semelle
C’est pas pour toi que je dis ça
Je suppose que mon cerveau fonctionne comme ça
Quand on est intelligent on fait moins travailler son cerveau

Pour remonter à la surface on dit qu’il faut taper du pied
Pour remonter à la surface ce qu’il faut faire c’est creuser
Pour remonter à la surface on dit qu’il faut taper du pied
Pour remonter à la surface ce qu’il faut faire c’est creuser

L’hiver j’ouvre toutes les fenêtres
Je mets le chauffage à fond
Et j’attends qu’une tornade passe dans le salon
Le sommeil glisse sous la porte
Les schizophrènes sont mal câblés
Les torticolis tendent l’autre joue
Le baby boom est presque enterré
On tronçonne les pattes d’une girafe pour lui brosser les dents
Tétris géant sur façade d’immeuble Formes vides
Personne ne mérite ça et pourtant tout le monde y’a droit
Et on est prié de refermer la fenêtre en sautant
C’est tellement évident que la vie n’a pas de sens
Que ça n’a aucun sens de dire qu’elle n’en a pas
Quand on baille on entend rien

Pour remonter à la surface on dit qu’il faut taper du pied
Pour remonter à la surface ce qu’il faut faire c’est creuser

Je me suis vu me faire un vagin en retournant ma bite comme un gant
Je ne souhaite mes rêves à personne
Je préfère déplaire exprès plutôt que de déplaire naturellement
Je me fixe avec du pus
Une seringue sur la tempe
Je ris que quand je me brûle
Mon c½ur bat dans la poitrine d’un veau
Je suis déjà rester neuf jours sans ma tête avant de mourir de faim
Quand on sait rien faire on doit être prêt à tout

Pour remonter à la surface on dit qu’il faut taper du pied
Pour remonter à la surface ce qu’il faut faire c’est creuser
Pour remonter à la surface on dit qu’il faut taper du pied
Pour remonter à la surface ce qu’il faut faire c’est creuser

S’en sortir pour aller où ? Un road movie en béquilles

11. Toux de chenil

24H dans la vie d'une journée
A cheval sur un os de baleine
A qui profite l’accident ?
A son pot de retraite on lui a offert un fusil de chasse
Aprés tout le monde se sentira bien
Puisque personne ne sentira rien
Aprés un ko on est plus jamais le même
Avant d’être un ivrogne il était sommelier dans un palace
Avec le tact je fais chambre à part
Caissière à 17 ans elle aura pas rêvée longtemps
Combien il me reste 1 mois, 6 mois, 1 an, hier?
Combustion spontanée
Con comme la lune et chiant comme la mort
Construire une maison en flammes en lisant le règlement intérieur
Découper une tête d'enfant qui te ressemble et la coller au bon endroit
Derrière la porte y’a un mur
Des coups de téléphone dans le futur
Des sourires en formes de chauves souris
Et avec ceci ? Ce sera quoi ? Ce sera tout !

Faire 3 fois le même v½u
Forcer une vache à rentrer dans un photomaton
Fumer une gomme pour effacer
Il manque une brique dans le mur tu veux pas y mettre ta tête?
Insomniaque j’écris des histoires pour m’endormir
Interruption volontaire de vieillesse
Invasion los Angeles sans lunettes
Issu d’un cerveau malade
Je lui fais des gestes pour lui montrer que je suis d'accord et que moi aussi je suis né dans un asile
Je me rembobine les oreilles avec un stylo
Je sais pas c'qu'elle t’a dit mais c'est faux! Tout est faux!
Jeans / baskets - steak / frites
l 'arme a crée l'homme
la vérité est au bout du fusil
Le crâne jauni
le mal incurable de la connerie
Le mur avance vers toi

Le saint Christophe de James Dean
Le souffle d'une cassette vierge
Le vent mange les oiseaux
Le verglas tombe du ciel
Les chiens de drogués passent leur vie à jouer
Les gardiens du muséum se déchirent au formol
Les vis se transforment en os
Méduse dans l’½il
Ma tête s’écrase sur le trottoir et son nez klaxonne en continue
Même sur les tickets de caisse y'a des pubs
Mes rêves je les comprends pas alors je les congèle pour plus tard
Mettre de l’ordre dans ses idées c’est du suicide
Plus de facteur plus de factures
Plus de pièges qu'il n'y' a de pigeons
Quand j'étais gamin je me déguisais en vieux
Retour en voiture balais
Un demi-siècle pour savoir ce qui fait pousser les nerfs
Un lave gant
Un grillon dans l’anus
Une soupe de cheveux
Une villa témoin hantée
Vider un expert comptable pour voir ce qu'il y'a dedans
Vivre à rebours
Voir des lucioles en éternuant

12. Le fils du soldat inconnu

(Texte librement inspiré du film "Les Fantômes" de Jean-Teddy Filippe)

Comme convenu le fils du soldat inconnu m’a rejoint à la sortie de la ville.
Il a enfin accepté de m’accompagner chez ceux que l’on ne nomme pas.
Il ne veut pas que je le filme.
Il a longuement parlé à ma vieille voiture en lui disant que nous allions faire un long voyage mais qu‘elle n’irait pas jusqu’au bout avec nous et qu’il fallait qu’elle nous pardonne.
Voilà 2 jours que nous sommes partis, le fils du soldat inconnu a accepté la caméra depuis que je lui ai assuré que ce film ne sera vu qu’une fois que l’un de nous deux sera mort.
Il me dit qu’il ne sera jamais tout à fait mort.
Puis il me dit que son père vivait au bord de l’autre monde.
Il n’a pas voulu m’en dire plus.
Il me raconte aussi que là où habite son père il y’avait un village et puis il y’a eu la grande guerre, elle a effacé les routes, les hommes se sont perdus et le désert a avalé les maisons vides.
Le désert est toujours le plus fort.
Il répète le désert est toujours le plus fort.
Nous arrivons chez son père.
Il m’explique que son père est né un peu après le début du monde et qu’il est fatigué.
Il me dit aussi qu’il n’est jamais surpris par ses visites car il les rêve toujours 3 ou 4 jours à l’avance.
le fils du soldat inconnu me demande de l’attendre devant la cabane.
Je l’attend dans ma voiture.
Je fixe la porte de la baraque, les heures défilent et je m’endors.
Là je fais un drôle de rêve…
Dans un coin de la maison, le fils du soldat inconnu semble traduire sa colère en lançant des couteaux vers un vieux chien qui pourrait bien être son pauvre père.
A l’intérieur de la volière ses oiseaux son devenus des souris .
Paniqué, je ressors de la maison et vois le village tel qu’il devait être dans le passé.
A tous les coins de rue le même mime me fait des signes.
A ses côtés une statue est ligotée pendant qu’un pendu part se désaltérer.
La soif me réveille. Ma gourde est vide. Je décide alors de rentrer dans la cabane pour demander de l’eau.
Le fils du soldat inconnu ouvre la porte et me présente aussitôt à son père qui me dit que je suis trop fragile pour les esprits du désert.
Puis il m’explique que si le 2ème jour on croise un chien qui sur le chemin va de la gauche vers la droite il nous faudra suivre sa direction.
Si le 3ème jour un arc en ciel rouge sang apparaît au dessus de nos têtes il nous faudra aussitôt s’asseoir et se recroqueviller jusqu’à ce qu’il disparaisse.
Si la 4ème nuit un vent glacial nous réveille c’est qu’ils voudront nous éprouver et qu’ils ont demandé à la mort de nous éventer avec son voile.
Le 5ème jour ils nous montreront peut-être quelque chose peut-être rien du tout, ils ont une grande puissance mais ce qu’ils font n’est plus de notre monde.
Il sourit, pose sa main sur mon épaule et puis s’en va.
Le lendemain nous entrons dans le pays où il pleut de pierres, il ne faudra pas parler de toute la journée en effet parce qu’aucune parole n’est juste, ils capturent les paroles pour les enfoncer dans la terre.
Une fois la terre blessée par les paroles qui portent la folie, elle se venge des hommes la nuit et les effraye en parlant toute seule.
Il n’a pas voulu m’en dire plus.
2ème jour du voyage nous venons de croiser un chien, il nous faudra suivre sa direction.
J’ai du mal à croire qu’il faille suivre un chien.
le fils du soldat inconnu me dit que ce n’était pas qu’un chien.
Le 3ème jour l’arc en ciel se dessine au dessus de nous.
Nous restons dans la pose que nous avait montré le père pendant plus de 3 heures.
De l’autre côté commence le pays de ceux que l’on ne nomme pas.
Soudain je me rends compte que tout s’était passé comme son père nous l’avait dit.
Je suis plus impressionné que je ne le laisse paraître.
Il me dit qu’ils peuvent se déplacer très vite car parfois ils sont vraiment là, d’autres fois ce ne sont que des rêves.
Il ne veut pas m’en dire plus. Il pense que nous n’aurons plus longtemps à attendre.
Tôt ce matin une silhouette qui ressemblait au mime de mon rêve est apparue sur le rocher.
Devant moi elle a foncé vers la paroi pour réapparaître au même instant 500 mètres plus loin.
Le fils du soldat inconnu m’a murmuré qu ‘elle se déplaçait avec le rêve.
Je ne croyais pas ce que je filmais.
Ce soir mon ami m’a demandé d’apparaître avec lui sur le film.
J’ai un pressentiment mais je refuse de l’admettre.
Le lendemain matin, le 5ème jour, 2 silhouettes sont apparues au moment même où j’ai vu le fils du soldat inconnu sur le rocher, il m’a murmuré que le temps n’était qu’un illusion.
Au même instant, je l’ai retrouvé son oreille sur mon c½ur, il me dit que bien qu’ayant la réputation d’être vivant j’étais déjà mort.
J’ai rouvert les yeux mais il n’était plus là.
J’ai filmé par réflexe…
Quand je suis revenu sur le rocher il était déjà vide.
Je les ai alors cherché là où la veille j’avais vu la silhouette du mime et je les ai tous retrouvé.
Il y’avait le mime, le pendu, la statue et le fils du soldat inconnu.
Ils m’ont donné l’impression de disparaître dans la pierre
Et puis je les ai revu à environ 5 km de moi, au bord du précipice ils regardaient leur future destination.
J’ai cru un moment qu’ils allaient me faire un signe mais ils ont de nouveau disparu.
J’ai alors su que je ne les reverrai plus jamais.
Il n’y avait plus que mon film…
J’ai alors décidé de me rendre chez le vieil homme.
Il n’était plus là et le désert reprenait la cabane.
Bien entendu j’ai fait celui qui n’était pas surpris alors je me suis filmé en train de nettoyer la voiture et puis j’ai eu envie de me filmer jusqu’à la dernière image pour me rassurer.
Le soleil se couche, je suis trop fatigué pour rejoindre la ville.
Je vais passer la nuit dans la cabane du vieil homme.
Je ne trouve pas le sommeil. Je décide alors d’accrocher le drap sur un mur et de projeter mon film.
Je revois la sortie de la ville, je souris quand le fils du soldat inconnu parle à ma voiture, il y’a le vieil homme, le chien, l’arc en ciel rouge, les silhouettes à peine visibles jusqu’au dernier plan où je lave ma voiture.
Et alors que j’allais éteindre ma caméra, je me vois sur le drap en train de mimer le pendu, la corde ne tient pas et en tombant sur le parquet mon corps se brise comme une statue.

13. La main froide

J'ai jamais su si j'étais trista href=e, en colère ou simplement seul
Ce que je sais c'est que quand j'aurai suffisamment de sel sur mes plaies
Je m'enfuirai jusqu'à ne plus avoir la force de m'arrêter
Tous les quatre jours je changerai de saison
Je marcherai au ralenti sur fond d'explosion
J'ai résilié mon bail avec la peur
J'ai acheté des pilules qui portent bonheur
J'ai aussitôt été téléporté dans un paysage de chiffres,
Transformé en aveugle sans doigts,
On m'a fait tourné autour d'un feu rouge
En suivant mes propres pas.
Les feux verts ne valent pas mieux que les feux rouges
Si la terre est ronde c'est qu'elle est conçue pour ne jamais s'arrêter.
Le flux et le reflux de l'océan,
La dérive des continents,
Les cauchemars des crocodiles,
La position précise du soleil le long de son écliptique,
La naissance des méduses
Sont autant d'exemples de choses que je contrôle dans mon monde.
Je contrôle mon monde
J'ai suffisamment enterré de dimanches pour savoir que le monde est plein de mâchoires
Que le miroir à toujours raison ou qu'un oiseau aura toujours le vertige.
Je vous ferai chialer les mains dans les poches ...
Lors du lunch improvisé à l'occasion des funérailles de vos mères, vous trouverez la quiche délicieuse.
Aprés avoir peint des rails toute votre vie
Vous passerez votre retraite à encadrer des photos d'enfants laids et à vous noyer dans l'ombre de vos chiens.
J'ai suffisamment enterré de dimanches pour comprendre que l'espoir c'est pour les lâches.
L'espoir n'est qu'une neurasthénique très riche qui rêve d'une machine à refaire la vie
Je connais votre avenir par c½ur jusqu'au dernier jour où il n'y aura plus assez de vivants
Pour enterrer les morts.

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